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TEP

De quoi s’agit-il ?

La tomographie par émission de positrons (TEP) est une méthode d’imagerie médicale qui permet de mesurer en trois dimensions l’activité métabolique d’un organe grâce à la désintégration d’un produit radioactif injecté au préalable. La TEP repose sur le principe général de la scintigraphie qui consiste à injecter un traceur dont on connaît le comportement et les propriétés biologiques pour obtenir une image du fonctionnement d’un organe.

On parle donc d’imagerie fonctionnelle par opposition aux techniques d’imagerie dites morphologiques telles celles basées sur les rayons X.

En pratique, la caméra TEP est couplée à un tomodensitomètre à rayons X (système TEP/TDM) ce qui permet de superposer l’image fonctionnelle (image TEP) à sa localisation anatomique précise dans le corps (image CT).

L’exposition aux radiations et radioprotections

Au cours de l’examen TEP, le patient reçoit une dose d’environ 10 mSv, ce qui correspond à la dose reçue au cours d’un scanner thoracique.

La période radioactive (le temps nécessaire à une diminution de l’activité du produit par un facteur 2) du produit le plus utilisé en TEP (le 18 Fluor) est de l’ordre de 110 minutes. En voie de conséquence, en 12 heures, la quasi totalité de la radioactivité a disparu. En réalité, elle disparaît encore plus rapidement car une partie du traceur est naturellement éliminée avec les urines.

La réalisation de cet examen ne présente pas de danger pour les patients et pour leur entourage. Cependant quelques précautions sont à prendre pour éviter une exposition inutile aux radiations.

Cet examen est contre-indiqué aux femmes enceintes ou susceptibles de l’être. Pour les mères allaitant, il faut suspendre l’allaitement pendant 10 à 12 heures après l’injection. Les contacts avec les jeunes enfants et les femmes enceintes sont à éviter durant la journée suivant l’examen.

De légères précautions de bon sens (éviter les contacts prolongés et rapprochés) sont donc à prendre vis-à-vis du milieu familial, professionnel ou hospitalier pendant environ 12 heures.

Contre indications

Si vous êtes enceinte ou susceptible de l’être, l’examen doit être reporté.
Pour les mères allaitant, il faut suspendre l’allaitement durant 10 à 12 heures après l’injection.

Préparation pour l’examen

Vous devez être à jeun depuis les 6 à 8 heures précédant l’examen.
Evitez tout exercice physique intense depuis la veille de l’examen.
Il convient de respecter un certain délai après une chimiothérapie, une radiothérapie, une chirurgie et après l’injection de facteurs de croissance hématopoiétiques avant l’examen TEP. Votre médecin prescripteur connaît ces délais et a dû en tenir compte lors de la prescription de votre examen.
De manière pratique, si vous avez un rendez-vous avant 12 heures, il convient de ne plus rien manger depuis la veille minuit.
Si vous avez un rendez-vous après 12 heures, un petit déjeuner léger, non sucré, est permis tôt le matin (avant 8 heures), puis vous devez rester à jeun.
Vous pouvez cependant boire de l’eau à volonté. Les médications habituelles ne doivent pas être interrompues.

En cas de diabète

Le diabète peut entraîner, s’il est mal équilibré, une interférence au niveau de la qualité de l’imagerie, c’est pourquoi le patient doit signaler l’existence d’un diabète au praticien
pour que les dispositions de planification de l’examen (rendez-vous tôt matin) soient correctement prises. Les médicaments du diabète doivent être interrompus pour l’examen, c’est-à-dire pris pour la dernière fois le soir avant l’examen et repris normalement après l’exploration TEP.
L’insuline sera également interrompue c’est-à-dire administrée au plus tard la veille de l’examen minuit pour être reprise après l’examen suivant un posologie adaptée à la glycémie. Préalablement à la réalisation de l’examen, votre glycémie sera systématiquement contrôlée et au besoin ajustée par une dose réduite d’insuline à action rapide.

Déroulement de l’examen

A votre arrivée, vous serez confortablement installé en salle d’injection, une perfusion sera mise en place et une mesure de votre glycémie sera réalisée. En cas de besoin, l’examen peut nécessiter l’administration préalable d’un relaxant rendant dangereuse la conduite ultérieure d’un véhicule. L’idéal est donc de vous faire accompagner (dans le respect des précautions en matière de radioprotection).
Le traceur radioactif (le plus fréquemment, le 18 Fluor-FDG) sera ensuite injecté. L’injection est indolore et ne provoque aucune réaction désagréable, précoce ou tardive.
L’incorporation du traceur dans l’organisme requière de 60 à 120 minutes. Ce temps permet au produit d’être capté par les tissus.
Au cours de cette période, il convient de se détendre au maximum. A partir de l’injection, toutes les activités qui peuvent perturber la diffusion du traceur sont à éviter. Il faut en effet rester le plus immobile possible en évitant de se contracter, de bouger, de parler ou de mâcher un chewing gum afin de ne pas stimuler les muscles.
Au terme de cette période, et avant réalisation de l’acquisition des images, vous serez invité à vous rendre aux toilettes afin de vider au maximum la vessie en vue d’éliminer le produit non fixé et présent dans la vessie. La lecture des clichés en sera facilitée.

Les images

Lors de l’examen, vous serez allongé sur un lit type scanner de radiologie. Ce lit se déplace à l’intérieur d’un anneau détecteur. Seule une partie du corps se trouve à l’intérieur de l’anneau.
De ce fait, les patients claustrophobes ressentent en général que peu de gêne au cours de l’examen.
Au cours de l’examen, vous restez habillé.
Vous devez néanmoins enlever les parties métalliques (ceinture, médaille, argent,…), le port de vêtements confortables et chauds est recommandé en raison du conditionnement d’air. L’enregistrement des images dure de l’ordre de 20 minutes. Pendant ce temps, il est impératif de rester strictement immobile.
Après l’examen, il est recommandé de bien boire afin d’éliminer le plus rapidement possible le traceur et de ne pas se retenir d’uriner.
Au total, vous devez prévoir de rester dans le service 2 à 3 heures pour l’ensemble de la procédure.

Résultats

Il ne nous est pas possible de vous communiquer le résultat immédiatement après l’examen. Les images doivent en effet faire l’objet d’une analyse médicale parfois multidisciplinaire. Les résultats vous seront communiqués lors de la consultation avec le médecin qui vous a prescrit l’examen.
La TEP est un outil puissant notamment en oncologie. Il existe toutefois un certain nombre de causes de faux positifs et de faux négatifs pouvant conduire à une mauvaise interprétation de l’examen.
Les faux positifs (examen positif alors qu’absence d’anomalie) sont essentiellement dus à des causes d’inflammation (granulome, anthraco-silicose, chirurgie et radiothérapie récentes, fracture récente, …) ou d’infection (pneumonie, tuberculose, ostéomyélite,…).
Les faux négatifs (examen négatif alors que présence d’anomalie) sont essentiellement liés à la taille de la lésion (trop petite pour être détectée), à la localisation (proximité d’une région de fixation naturelle élevée : cerveau, cœur, vessie, …), à la nature de l’anomalie (certaines tumeurs présentent moins d’avidité pour le traceur), à une glycémie élevée ou à une chimiothérapie récente de moins de 15 jours. La cortisone peut également interférer avec l’examen.

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